Parité dans l'enseignement de la danse
Regards personnels sur la place des femmes dans la danse
en général et dans les danses de couple en particulier
Depuis plus de trente ans que j’enseigne les danses de couple, les mêmes questions reviennent régulièrement lorsque des personnes se renseignent sur nos cours :
1. La parité est elle respectée ?
2. Le professeur est il un homme ou une femme ?
Je réponds toujours avec la même franchise : les demandes féminines dépassent d’environ 30 % celles des danseurs. Pourtant, grâce à l’expérience accumulée et à quelques ajustements bien rodés, nous parvenons à constituer des groupes équilibrés, condition indispensable pour travailler sereinement.
Quant à l’enseignement, il peut être assuré par un homme, une femme ou un couple pédagogique. Dans notre métier, la compétence ne porte pas de genre.
Ces questions, répétées année après année, m’ont poussé à réfléchir plus largement à la place des femmes dans la danse — un sujet que j’observe de près, autant dans les salles de cours que dans les structures professionnelles.
Un paradoxe bien connu : beaucoup d’élèves, peu de dirigeantes
Les rapports de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture confirment ce que j’ai souvent constaté sur le terrain : les femmes sont très majoritaires dans l’apprentissage de la danse, mais leur présence diminue dès que l’on s’élève vers les postes de direction, de programmation ou de création.
En 2012/2013, seules 24 % des œuvres chorégraphiées par des femmes ont été programmées dans les théâtres subventionnés. Et dans la danse, la part de spectacles créés par des femmes programmés dans les structures labellisées a même légèrement reculé entre 2011 et 2014.
Ce décalage entre la passion des danseuses et la reconnaissance institutionnelle reste, encore aujourd’hui, difficile à justifier.
Les danses de couple (salsa, rock, tango...): un terrain plus égalitaire
Dans les danses de couple, la situation est différente — et je le constate chaque semaine dans mon école comme dans celles de mes collègues. L’enseignement, les compétitions, les jurys, les postes de responsabilité présentent une
parité réelle, parfois même légèrement favorable aux femmes.
Mais cette égalité n’est pas le fruit d’une politique volontariste. Elle découle de la
nature même de la discipline : pour progresser, atteindre le haut niveau ou enseigner, hommes et femmes ont besoin d’un partenaire de valeur équivalente. On ne grimpe pas seul dans les danses de couple. On avance ensemble, on se tire mutuellement vers le haut, on franchit les étapes au même rythme.
Cette symbiose crée un environnement où la progression et la reconnaissance se font naturellement à deux.
Un constat qui reste d’actualité
J’ai rédigé ces réflexions en 2015.
Onze ans plus tard, en dehors des danses de couple, les
inégalités relevées alors demeurent largement présentes.
Les chiffres cités proviennent de l’Observatoire de l’égalité
entre femmes et hommes dans la culture et la communication.
Michel EGEA Professeur
principal de Studio 2000
Champion de France Professionnel
Références :

https://www.data.gouv.fr/_uploads/resources/egalite_Homes_femmes_mars2014.pdf
https://www.data.gouv.fr/s/resources/l-observatoire-de-l-egalite-hommes-femmes-dans-la-culture-et-la-communication/20150309-181103/Observatoire_Egalite_HF_2015.pdf
https://www.data.gouv.fr/s/resources/egalite-hommes-femmes-dans-la-culture-et-la-communication/20160316-115908/DEPS_Egalite_HF_2016.pdf